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Le surgraissage à 8% : pourquoi je suis 4 fois au-dessus de la norme du marché

Le surgraissage, c’est simple : c’est la quantité d’huile qu’on ajoute dans un savon et qui n’est volontairement pas transformée en savon. Elle reste telle quelle, prête à nourrir la peau.

Sur le marché, la norme tourne autour de 1 à 2%. Mes huiles de douche et mes savons solides sont surgraissés à 8%. Quatre fois plus. Ce n’est pas un choix marketing — c’est le résultat de deux ans de recherche, et d’une histoire qui a commencé bien avant que je pense à en faire un métier.

Pourquoi le surgras change tout pour la peau

Plus une peau est abîmée, plus elle a besoin d’être surgraissée. Un savon faiblement surgraissé convient très bien à une peau normale, sans besoin particulier. Mais pour une peau sèche, irritée, ou qui souffre, le surgras devient un vrai ajout qualité : c’est le gras en plus qui protège la peau, une sorte de bouclier qui lui permet de mieux vivre au quotidien.

Il y a aussi quelque chose de plus profond dans la fabrication même du savon. Quand on transforme une huile en savon (la saponification), la réaction produit deux choses : du savon, et de la glycérine. Cette glycérine protège naturellement la peau de l’effet asséchant du savon — la nature est bien faite. Et comme la glycérine est aussi bénéfique pour la peau, j’en rajoute volontairement dans mes formules : elle donne une meilleure texture au produit final, et apporte toutes ses qualités hydratantes à la peau. Ma glycérine est végétale et bio.

Pourquoi (presque) personne ne monte à 8%

Si le surgras est aussi bénéfique, pourquoi la norme du marché reste-t-elle à 1-2% ? Parce que dans les livres et sur les blogs spécialisés, surgraisser à un niveau aussi élevé est réputé impossible.

Techniquement, le problème est simple à comprendre et très difficile à résoudre : passé un certain seuil de surgraissage, l’huile en excès ne se mélange plus au reste du produit. On obtient deux phases bien distinctes — une couche de savon, une couche d’huile qui remonte au-dessus. Résultat : un produit trop gras, visqueux, désagréable au toucher, et une question à laquelle personne ne sait répondre : que faire de cette huile qui flotte au-dessus ?

C’est précisément là que mes deux années de recherche ont compté. Il fallait trouver un procédé qui empêche cette phase de se séparer — un mélange qui reste liquide et homogène, pour qu’en utilisant le produit, l’huile s’étale sur la peau en même temps que le savon, au lieu de rester figée au-dessus du flacon.

Comment je suis arrivé à 8% : l’histoire d’une bouteille sur le bord de la baignoire

Ce dosage n’est pas sorti d’un calcul en laboratoire. Il vient d’une bouteille marquée « test », posée sur le bord de la baignoire familiale, pendant que je cherchais une solution pour la peau fragile de mon fils — celle-là même qui a donné le crocodile de mon logo.

Chacun devait s’en servir chaque jour, et chaque jour je posais des questions : comment se sentait la peau, est-ce que ça collait, est-ce que ça tirait encore. Parfois une formule tenait cinq jours avant de finalement se révéler trop grasse. C’est comme ça, par tâtonnements successifs, que je suis arrivé à 10% de surgraissage.

J’en ai offert des flacons à toute la famille à Noël cette année-là. Les retours ont été unanimes : peau plus souple toute la journée, fini la sécheresse. Le produit fonctionnait.

C’est un peu plus tard, quand mon toxicologue m’a demandé si j’étais vraiment sûr de moi — 10%, c’est énorme — que j’ai redescendu à 8%. Non pas parce que la formule posait un problème, mais par prudence : j’étais confiant sur le 10%, donc une marge de 2% en moins ne remettait pas en cause l’esprit du produit. Je restais sur un excellent produit, avec une sécurité supplémentaire.

Ce que ça change concrètement pour vous

Un surgraissage à 8%, c’est beaucoup plus d’huile qui reste sur la peau après le rinçage. Ce n’est pas un hasard si je recommande mes formules les plus surgraissées — comme le karité — aux peaux qui souffrent le plus, et une formule comme le cacao aux peaux fragiles mais moins marquées. Le principe reste le même partout dans ma gamme : plus votre peau a besoin de protection, plus le surgras compte.

Ce n’est pas non plus un hasard si mon savon n’est pas forcément « le meilleur du marché » en toute objectivité — il existe des savons pour toutes les peaux, et tous les besoins. Le mien est né d’un objectif précis : trouver le savon le plus gras possible pour mon fils, sans qu’il devienne collant ou désagréable après la douche. Il fallait frôler la limite entre efficacité maximale et sensation agréable. Le 8% est ce point d’équilibre — assez pour protéger vraiment une peau qui en a besoin, jamais assez pour gêner après la douche.

Jérémie, savonnier à Genillé